S’essouffle l’élan des hymnes victorieux,
Les confettis disparaissent.
Les arcs-en-ciel de fleurs disparaissent,
Les fourragères des lieutenants disparaissent,
Les cordons et les galons des généraux disparaissent.
Le crêpe d’apparat disparaît,
Celui des toilettes aussi.
Peu de gens pourraient croire
Qu’une victoire vient ici d’être célébrée.
La fanfare s’en va aussi, le tambour marche
En direction du plus profond silence,
La baguette du chef d’orchestre disparaît également.
Peu de gens pourraient croire
Que quoi que ce soit ait pu être vaincu, ici.
Le cheval du labeur patient, journalier, est parti au galop.
Seule l’idée de cuisses de volailles farcies
Reste là où elle se trouvait auparavant,
Dans les joyeuses têtes des illusionnistes.
Que quoi que ce soi ait pu rester,
Nous devons le croire. Sinon,
D’où viendrait ce grattement de serres,
D’où parviendrait ce sifflement d’antennes,
D’où grincerait ce mouvement mécanique des mâchoires.